Americanah : l’autobiographie fictionnelle qui dérange

A la base, Americanah raconte une histoire d’amour épique qui traverse le temps et l’espace entre Ifemelu et Obinze. Mais en réalité, c’est tellement plus ! Le livre nous parle d’amitié, d’intégration, de racisme et de plusieurs niveaux de distinctions que fait la société. C’est vraiment de la bombe parce que le ton est d’une justesse  incroyable.

 

Americanah : entre fiction et autobiographie 

Dans le titre, je qualifie ce livre d’autobiographie fictionnelle parce que l’auteur Chimamanda Ngozi Adichie a, comme Ifemelu, quittée le Nigéria pour poursuivre ses études aux USA et on reconnaît son engagement féministe à travers la voix d’Ifemelu. L’auteur a aussi écrit d’autres livres comme  L’Hibiscus Pourpre ou L’autre moitié du soleil qui a été adapté au cinéma. D’ailleurs, Americanah va être produit par Brad Pitt et Ifemelu sera jouée par Lupita Nyong’o. J’ai hâte !

 

Americanah : l'autobiographie fictionnelle qui dérange

 

Ifemelu et Obinze : deux personnages qui dérangent

Ifemelu est une jeune nigériane qui a quitté son pays natale ainsi que sa famille et son amoureux, pour aller étudier aux État-Unis et pour y retourner 13 ans plus tard. Elle possède une langue acérée et une force de caractère indéniable. Le livre est écrit majoritairement de son point de vue. Elle dit les choses comme elles sont et si tu n’es pas content, tant pis pour toi. La voix d’Ifemelu, dans ce livre, pose les problèmes raciaux à travers les posts de son blog : « Le point de vue d’une noire non américaine »,  et des punchlines violentes comme « Le racisme n’aurait jamais dû exister, alors ne t’attends pas à recevoir un cookie pour l’avoir réduit ». A travers ce personnage, l’auteur Chimamanda Ngozi Adichie met en lumière les questions qui fâchent, chamboule le confort des esprits qui se refusent à voir les choses telles qu’elles sont et ironise même le plus romantique des amours.

Obinze, c’est l’amoureux transit. Non franchement, il est stylé comme petit copain, romantique, rêveur et très doux pour une fille comme Ifemelu : « Son premier amour, son premier amant, le seul avec qui elle n’a jamais eu besoin de se justifier ». Il marque le contraste avec elle car son expérience à l’étranger (en Angleterre) ne sera pas aussi glorieuse que celle d’Ifemelu. C’est dans son pays natal que les choses bougeront pour lui. Mais aussi, sa vision plus idéaliste de la vie donne une dualité entre les deux points de vue montrés par l’auteur.

 

Americanah : l'autobiographie fictionnelle qui dérange

 

Mon ressenti … 

Pour finir, je tiens à dire que ce roman basé sur la séparation de deux jeunes amoureux est féroce. Genre quand je l’ai lu, parfois j’avais le cœur qui battait et je posais le livre pour réfléchir aux questions soulevées. Sans blague, les débats sur la « race » et l’immigration sont abordés sans détour quand l’auteur nous dit à travers Ifemelu :  « En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être NOIRE ».

L’auteur d’Americanah, que les médias qualifient « comme la voix montante de la littérature anglophone »,  vient interpeller les esprits des enfants de la société multiculturelle.

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