Carnet de bord : jeune, diplômée en recherche d’emploi

Ça y est, je suis diplômée, mes études sont terminées. Le moment est venu de se jeter dans le grand bain : l’emploi (le chômage ouai). On a tous été à peu près briefés à l’école sur notre recherche d’emploi, et notamment la bataille avec les entreprises. Mais, personne ne nous a prévenus pour la bataille psychologique et existentielle ! Je vais vous raconter un peu mon parcours en tant que jeune diplômée en recherche d’emploi. Vous reconnaîtrez-vous ?

 

NB : les jeunes diplômés en devenir, n’ayez pas peur, ça va aller 🙂

 

Phase 1 : Motivation au max !

Jeune diplômé en recherche d'emploi

 

Motivation, organisation, ambition : tel est le starter pack du jeune diplômé en recherche d’emploi. Toutes les alertes des job boards, ainsi que les newsletters sont activées. Grâce à ça, tu peux envoyer jusqu’à 20 candidatures par jour. Oui, 20 ! Pour moi, les 100 candidatures par jour, c’est du bullshit.  Tout simplement parce qu’à moins de postuler n’importe où, n’importe comment, bin il n’y a pas 100 offres d’emploi dans ton domaine chaque jour. Ayant été préparée à envoyer tout plein de candidatures, je me suis mise à en envoyer pour des postes qui ne me convenaient pas du tout, GROSSE ERREUR. Ne faite jamais ça !

 

Phase 2 : Don’t worry, be happy

Deux semaines après, toujours pas de réponse.  Hormis les réponses automatiques, bien sûr. Vous savez, ces mails très impersonnels envoyés par des robots pour accuser réception. Je n’ai reçu que deux mails personnalisés du recruteur en tout ! Mais bon, je relativise et me dis que les processes de recrutement sont plus ou moins longs. En plus, on est beaucoup à postuler dans mon domaine (communication). Il ne sert à rien de devenir ouf donc ! Vaut mieux profiter de mon chômage, de la vie, de mon temps libre quoi ! C’est le moment de tenter de nouvelles expériences …

 

Phase 3 : Paranoia

… Evidemment, je n’ai absolument pas appliqué ce que j’ai dit en phase 2. Trois semaines ont passées. Toujours rien. OK. Là je commence à devenir parano. Je stresse à chaque appel à la vue d’un nouveau numéro, en me préparant psychologiquement à répondre aux questions d’entretien.  Tout ça pour, au final, entendre une voix familière : « Oh, c’est toi … – Bin merci, cache ta joie Nao !». Je me suis même mise à observer les hommes et femmes d’affaires dans les transports. On sait jamais, une connexion Bluetooth pourrait se créer entre nous et ils auraient accès à mon CV par la pensée (genre mon cerveau est un cloud.)  🙂

Carnet de bord : jeune diplômée en recherche d'emploi

Phase 4 : Dépression

Deux mois ont passé. Que des mails de refus, plus de la moitié automatisés. Là, je commence à déprimer. Clairement. Entre les points avec la conseillère Pôle emploi, l’Apec, la mission locale, et tout ce qui ne me sers à rien puisque tous me disent que mon CV est nickel, t’as juste envie d’envoyer ch*** tout le monde ! La plupart du temps, les conseillers ne peuvent même pas m’aider. Savez-vous le nombre d’ateliers Entretien/CV que j’ai faits durant mes études ? Donc les mails d’invitation aux ateliers CV me sortent clairement par les trous de nez.

Le statut « chômeuse » devient difficile à cocher dans les formulaires. Oui, car dans notre société actuelle, être au chômage c’est un peu la honte en fait. Donc je me force à trouver une justification à mon état : « Hey, je suis jeune diplômé, c’est normal que je sois au chômage ! »

Phase 5 : Trou noir, flemme, adieu

NB : Cette période dure plus ou moins longtemps selon la personne. On y passe tous, mentez pas !

Les questions existentielles commencent à venir. « Mon CV est pourri ou quoi ? » – « Mais pourquoi j’existe même ? » – « À quel moment, dans ma courte vie, ai-je foiré ? ».  Étant noire, je me suis même demandée si je ne devais pas carrément enlever ma photo du CV, juste pour voir. Oui, j’étais à ce point là. Finalement je l’ai laissée, je préfère être recalée d’avance plutôt qu’avoir de faux espoirs en vrai.

Phase 5 bis : Trou noir, flemme, adieu

Carnet de bord : jeune diplômée en recherche d'emploi

 

Au début, tout le monde t’encourageais, mais à force de t’entendre dire « Non, toujours rien », tu finis par ne recevoir que des regards compatissants et désolés. Les journées deviennent routinières. Je me lève à 11h , je regarde mes mails. Nada. Je regarde des séries. Je sors un peu avec des amies. Mais la blague, mes amies travaillent où sont en vacances, elles ! Puis je me couche à 02h du mat’. Je mange n’importe quoi. Je change d’ humeur pour un rien (oui, et c’était pas mes hormones). Voilà. Fin. Crise existentielle quoi ! En vérité t’as l’impression que les seules personnes qui puissent te comprendre sont tes camarades de classe qui sont dans la même galère que toi.

Phase 6 : Pic de motivation

Un moment donné, il y a toujours quelqu’un pour te mettre un coup de pied aux fesses. Quelqu’un à qui tu n’as pas de compte à rendre surtout (donc les parents sont disqualifiés d’office, oui). Ça peut être ton copain ou ta copine, ton/ta meilleur(e) amie, même ta conseillère à la mission locale ! Au lieu de ne rien faire, on me conseille de vraiment m’occuper : inscription au sport, passage du code, bibliothèque, musée, cinéma, exploitation de mes talents et ma créativité, voyage, BOUGE quoi ! Et ça marche. Même le simple fait de savoir que je n’étais pas la dernière de ma classe à être au chômage me remonte le moral (bin quoi).

Phase 7 :  Alternatives (ou comment détruire les rêves des jeunes)

Le mot « alternative » est un vrai fléau. Je m’explique. Quand tu ne trouves pas ce que tu cherches, ton entourage peut te conseiller de revoir tes ambitions à la baisse. Et comme tu es dans un état psychologique très faible, tu vas finir par te laisser influencer.

 » Eux –  Le salaire que tu demandes est trop élevé !

Toi – Mais non ! C’est dans les normes pour mon domaine !

Eux – Tu devrais t’inscrire à la fac ! Poursuivre tes études…

Toi, dans ta tête – * Euuuuh. Après un Master 2 ? Hell no. Je pense au mémoire, aux dissertations, aux rapports de stage … NOPE *

Eux – Tu devrais penser à changer de filière, ça embauche pas dans ton truc. C’est même un signe que ce n’est peut -être pas fait pour toi ! « 

(mais…?!)

Ne jamais, jamais, JAMAIS douter de toi dans ces moments-là. « N’oublie pas qui tu es ! »

Carnet de bord : jeune diplômée en recherche d'emploi

 

Parce que tu vas te mettre à chercher des alternatives qui n’ont rien à voir, juste parce que c’est plus simple. Pourquoi postuler dans l’administration, alors que ton kiff, c’est le graphisme ?! Non mais, rien à voir sérieux ! Et au final, tu seras embauché, et deux mois plus tu vas te rendre compte que tu n’as rien à faire ici. Sans blague !

Phase 8 : La roue tourne

6 mois plus tard, les appels pour des entretiens commencent ! *Danse de la joie*

Carnet de bord : jeune diplômée en recherche d'emploi

 

Phase 9 : J’aurais dû profiter

Finalement embauchée, je me suis rendue compte qu’en fait, j’ai passé 6 mois à déprimer, à stresser, à me prendre la tête alors que j’aurais vraiment pu profiter de la vie. Je me suis retrouvée à mon nouveau poste crevée psychologiquement, et j’ai même pas eu de vraies vacances. Au secoooooooooooooooooooooooooooooooours.

Bon, au final, je les ai eu mes vacances 🙂

Te reconnais-tu dans cette expérience ? Quel a été ton parcours ?

Il faut savoir qu’en moyenne, la recherche d’emploi d’un jeune diplômé étant de 1 an, ça peut mettre beaucoup, beaucoup plus de temps que ça. Tu n’es donc pas du tout à la traîne si c’est ton cas !

Je vous souhaite bien du courage, de la persévérance, et surtout, ne restez pas seul avec vos pensées !

NCL.

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